Annoncé aux Game Awards de décembre 2025, Warlock : Dungeons & Dragons n'a pas encore montré une seule seconde de gameplay. Mais ce qu'Invoke Studios a révélé suffit à placer le jeu sur le radar de pas mal de monde — et pas seulement des fans de D&D.
Le contexte : après Dark Alliance, il faut se racheter
Invoke Studios, c'est l'ancien Tuque Games. Le même studio qui avait livré Dungeons & Dragons : Dark Alliance en 2021 — un jeu co-op beat-them-all qui avait été salement démoli à sa sortie, techniquement bancal et pauvre en contenu. Un lancement raté dont Wizards of the Coast avait visiblement tiré des leçons, puisque le jeu avait été retiré du Game Pass quelques mois après.
Warlock est le premier projet du studio rebaptisé Invoke, et la pression est réelle. Les développeurs viennent d'horizons solides — Far Cry, Watch_Dogs, Deus Ex, Guardians of the Galaxy — et le studio compte environ 200 personnes à Montréal. La direction créative est assurée par Jeff Hattem et Dominic Guay. Le projet est édité directement par Wizards of the Coast, filiale de Hasbro, qui pousse clairement à diversifier ses adaptations vidéoludiques après le succès monumental de Baldur's Gate 3.
Ce que le jeu est — concrètement
Action-aventure solo, vue à la troisième personne, monde ouvert de dark fantasy. Vous incarnez Kaatri, une guerrière qui a conclu un pacte pour accéder à une magie surnaturelle — le concept classique du Warlock dans D&D : pas né sorcier, mais lié à une entité puissante qui vous accorde des pouvoirs en échange de quelque chose. L'actrice Tricia Helfer, connue pour Battlestar Galactica et Lucifer, assure la performance capture complète du personnage.
Le gameplay central tourne autour de la magie comme outil polyvalent. Les sorts ne servent pas qu'à combattre — ils ouvrent des passages dans l'exploration, résolvent des puzzles, interagissent avec l'environnement. Le détail concret le plus visible dans le teaser : des tentacules noirs qui permettent de contrôler des ennemis, d'agripper des éléments du décor et de résoudre des énigmes. Jeff Hattem a précisé que les joueurs devront eux-mêmes découvrir les limites de ces pouvoirs — ce qui suggère un système pensé pour la créativité plutôt que pour la linéarité.
En combat, magie et corps-à-corps se combinent dans une approche décrite comme "tactique et intense". Pas de multijoueur — Invoke assume une expérience purement solo avec une narration resserrée.
L'ambition D&D sans le prérequis D&D
Point important : Invoke insiste sur le fait qu'aucune connaissance de l'univers Donjons & Dragons n'est nécessaire pour jouer à Warlock. Le lore D&D est là en toile de fond, mais le jeu raconte une histoire originale qui se suffit à elle-même. C'est le bon choix — Baldur's Gate 3 avait réussi la même chose, et c'est en partie pour ça qu'il avait touché bien au-delà des fans du jeu de rôle sur table.
L'univers est de la dark fantasy assumée, assez loin de l'heroic fantasy solaire qu'on associe parfois à D&D. L'ambiance du teaser penche clairement du côté oppressant, avec des créatures cauchemardesques et une esthétique qui évoque davantage Bloodborne que les illustrations classiques du Manuel des Monstres.
Ce qu'on ne sait pas encore — et c'est l'essentiel
Aucun gameplay n'a été montré. Invoke a explicitement dit que la première bande-annonce de gameplay serait dévoilée à l'été 2026 — probablement au Summer Game Fest ou à un événement équivalent. La date de sortie est simplement "2027", sans précision de trimestre.
On ne sait rien du monde ouvert au sens concret — sa taille, sa structure, ses mécaniques de progression. On ignore si les choix narratifs mentionnés ont un vrai poids sur l'histoire ou s'ils sont cosmétiques. On ne connaît pas les adversaires au-delà de ce qu'on voit dans le teaser. Et le modèle économique — prix, éditions, DLC — est totalement absent des communications.
Warlock arrive dans un contexte particulier : post-Baldur's Gate 3, les attentes sur les adaptations D&D sont stratosphériques. Larian a posé une barre si haute que n'importe quel jeu sous licence D&D sera jugé à l'aune de BG3, même si les deux jeux n'ont rien à voir dans leur approche. Invoke joue une carte différente — action-aventure solo plutôt que RPG isométrique — ce qui lui évite la comparaison directe.