SD Gundam GX (Sorti sur Super Famicom le 27 mai 1994)
L’aboutissement 16-bits de la saga SD Gundam sur consoles Nintendo
Plus qu’un simple épisode supplémentaire, SD Gundam GX se présente comme une synthèse ambitieuse : un jeu conscient de son passé, mais désireux d’exploiter les capacités techniques et l’élargissement du public permis par la Super Famicom.
Un contexte de maturité pour la licence SD Gundam
En 1994, la Super Famicom est solidement installée au Japon. Les joueurs sont plus exigeants, les standards ont évolué, et Banpresto sait qu’il ne suffit plus de transposer mécaniquement les recettes Famicom.
SD Gundam GX s’inscrit donc dans une période où la licence Gundam est à la fois culturellement centrale et ludiquement expérimentée.
Le choix du suffixe « GX » n’est pas anodin : il suggère une version plus musclée, plus dense, presque « ultime » dans son approche, tout en restant fidèle au ton super-deformed (SD), mélange de sérieux stratégique et de légèreté visuelle.
Un gameplay stratégique plus fluide et plus lisible
À l’image de plusieurs opus SD Gundam précédents, SD Gundam GX repose sur une structure stratégico-tactique, proche du tactical RPG, où le joueur déplace ses unités sur une carte découpée en cases.
Cependant, l’un des grands apports de cet épisode réside dans une meilleure lisibilité des cartes,une interface plus claire, une gestion des combats plus fluide, avec moins de lourdeurs héritées des limitations Famicom.
Les affrontements gagnent en dynamisme sans perdre leur profondeur. Les animations de combat, bien que toujours stylisées et caricaturales, bénéficient d’un gain de détail et de variété, renforçant l’attachement aux Mobile Suits iconiques.
Une richesse de contenu fidèle à l’esprit Gundam
SD Gundam GX brille par la diversité de ses unités, couvrant plusieurs séries emblématiques de l’univers Gundam.
Les fans reconnaîtront immédiatement les clins d’œil narratifs, mécaniques et esthétiques aux différentes ères de la saga.
Le jeu ne cherche pas à raconter une histoire linéaire et cinématographique au sens moderne, mais propose plutôt une relecture ludique et condensée de conflits emblématiques, fidèle à l’ADN SD Gundam :
👉 condenser, caricaturer, mais respecter l’essence.
Direction artistique et technique : la Super Famicom bien exploitée
Graphiquement, SD Gundam GX ne cherche pas la surenchère technique, mais offre des sprites nets et expressifs,des environnements colorés et lisibles, une identité visuelle cohérente et immédiatement reconnaissable. 
La bande-son accompagne efficacement l’action, sans marquer durablement l’histoire du jeu vidéo, mais en remplissant parfaitement son rôle : soutenir l’ambiance stratégique et héroïque.
Un jeu charnière dans l’histoire des jeux Gundam SD

Avec le recul, SD Gundam GX peut être vu comme un point d’aboutissement de l’école Famicom adaptée à la Super Famicom et aussi comme un épisode de transition, juste avant que les jeux Gundam ne s’orientent vers des approches plus techniques, parfois plus sérieuses, à la fin des années 90.
Il témoigne d’une époque où Banpresto maîtrisait parfaitement le rythme de sortie, la cohérence de gamme et la compréhension de son public.
Test – SD Gundam GX (Super Famicom)
Graphismes — 13 / 20
SD Gundam GX s’inscrit pleinement dans l’esthétique Super Famicom du milieu des années 90, avec des sprites SD (super deformed) colorés, lisibles et fidèles à l’univers Gundam. Les unités sont immédiatement reconnaissables, les effets d’attaques sont propres et bien contrastés, et les environnements, sans être spectaculaires, restent cohérents et agréables à parcourir.
Le jeu ne cherche pas la démonstration technique, mais propose une direction artistique homogène et efficace.
En revanche, le manque de variété visuelle sur la durée et l’absence de véritables effets avancés limitent son impact graphique face aux meilleurs titres de la console. 
Animation — 13 / 20
L’animation est globalement solide mais reste mesurée. Les déplacements des unités sont fluides, les attaques spéciales sont bien mises en scène et lisibles, mais l’ensemble manque parfois de dynamisme.
On sent une volonté de clarté tactique plus que de spectaculaire, ce qui fonctionne dans le cadre du gameplay, mais peut donner une impression de rigidité. Certaines animations se répètent beaucoup, ce qui se fait sentir lors des longues sessions.
Musique — 15 / 20
La bande-son est l’un des points forts du jeu. Les compositions respectent l’ADN Gundam tout en proposant des thèmes énergiques et mémorables pour les combats, ainsi que des musiques plus posées pour les phases de transition.
Sans atteindre le niveau des plus grandes OST de la Super Famicom, SD Gundam GX bénéficie d’un habillage sonore soigné, bien équilibré, et jamais envahissant. Les effets sonores, quant à eux, remplissent correctement leur rôle sans se démarquer particulièrement.
Gameplay — 16 / 20
C’est ici que SD Gundam GX révèle son véritable intérêt. Le gameplay repose sur une structure stratégique accessible mais suffisamment riche pour maintenir l’attention. La progression est bien pensée, les affrontements demandent réflexion et anticipation, et la montée en puissance des unités est gratifiante.
Le jeu parvient à trouver un bon équilibre entre approche tactique, rythme de jeu maîtrisé et lisibilité, ce qui le rend agréable aussi bien pour les fans de Gundam que pour les amateurs de jeux de stratégie japonais.
On pourra toutefois regretter un certain classicisme et un manque d’innovations marquantes.
Intérêt : 15 / 20
SD Gundam GX est un jeu sérieux, cohérent et bien conçu, qui s’adresse avant tout aux amateurs de l’univers Gundam et aux joueurs appréciant les jeux de stratégie accessibles. Sans être révolutionnaire, il constitue une itération solide et représentative de la série sur Super Famicom.
Son principal défaut est peut-être de ne jamais chercher à dépasser son cadre : il fait bien ce qu’il propose, mais sans ambition excessive. Cela n’enlève rien à son charme ni à sa valeur historique au sein de la ludothèque Gundam.